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Où lire un livre ?

Où lire un livre ?

La Librairie Antique

Le livre, dans ses versions modernes, possède une couverture souple qui autorise le pliage et la lecture dans toutes les positions, ou presque. On lit
vautré sur un canapé, appuyé sur un coude, ou plus sagement, au lit, le dos bien calé contre deux, voire trois oreillers. Au grand air, l’équivalent de ces postures est la lecture sur herbe, contre tronc d’arbre et sur cuisses (deux de préférence, l’une sur l’autre, pour une inclinaison parfaite de la nuque). Le mieux serait de lire à un bureau, assis droit comme un pianiste, le texte sur un pupitre.
Sont-ils plus passionnés que le autres, ceux qui lisent en marchant leurs éditions « pédestres », comme le disent les Anglais? Que cherchent-ils ? A s’isoler ? A ne pas perdre de temps ? Et dire qu’il y a tant de livres à la gloire de la marche. Leurs auteurs seraient heurtés peut-être de se savoir lus ainsi, ou ils diraient que leurs lecteurs n’ont rien compris. Lit-on pour rattraper le temps perdu ? Le train est la parenthèse rêvée pour bouquiner un peu, les coudes poliment ramenés contre soi pour ne pas gêner le voisin. Au restaurant, le livre donne une contenance que l’interdiction de fumer a ôtée aux amateurs de bonnes bouffes solitaires. Sans parler de la lecture au volant, mais cela ne nous mènera pas loin.
Le livre ancien, lui, exige de son amateur un traitement plus délicat, comme si le nombre de ses années imposait un respect particulier. On lui a dressé des chapelles, dont l’architecture trahit toujours la quête de l’éclairage parfait. Mais la bibliothèque privée, elle, a pour seules fins le rangement et la conservation. A s’y risquer, autant éviter les positions d’acrobates et pratiquer la lecture lente pour ne pas ruiner ces précieuses reliques. Eviter de lire, au bain, en cuisinant, c’est le minimum. Lire en jardinant, de la provocation.
Et puis tant pis chacun est libre de lire où il veut !

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